Cette tension s'exprime à l'aide de deux chiffres. Vous avez, par exemple, 12/8 : le premier chiffre indique la pression artérielle systolique, et le second la pression artérielle diastolique.
Actuellement, tout le monde s'accorde à définir la tension normale selon les critères établis par l'O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), en fonction desquels une tension artérielle est considérée comme normale, pour un adulte de plus de dix-huit ans, si : - la « pression artérielle systolique » (le chiffre supérieur) est inférieure à 140 millimètres Hg. - la « pression artérielle diastolique » (le chiffre inférieur) est inférieure à 90 millimètres Hg.
L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE
On parlera d'hypertension artérielle si : - la pression artérielle systolique est supérieure à 160 millimètres de mercure. - la pression artérielle diastolique est supérieure à 95 millimètres Hg, et/ou...
En fonction des chiffres de la pression artérielle diastolique (PAD), l'hypertension sera : - légère, si la PAD est comprise entre 90 et 105 ; - modérée, si la PAD est comprise entre 105 et 115 ; - sévère, si la PAD est supérieure à 115.
COMPRENDRE
Les troubles principaux engendrés par l'hypertension artérielle sont la réduction du calibre des artérioles et la perte d'élasticité des gros tronc artériels (index, Anatomie de l'appareil circulatoire).
LE RÔLE DES ARTÉRIOLES
La pression artérielle a un caractère pulsatile lié à l'éjection cardiaque. On définit donc une pression artérielle moyenne autour de laquelle s'établissent des oscillations avec comme limites extrêmes la PAS (pression artérielle systolique) et la PAD (pression artérielle diastolique).
La pression artérielle moyenne suscite un débit continu, prédominant dans les artérioles et les capillaires, alors que les oscillations extrêmes entraînent un débit pulsatile prédominant dans l'aorte et les gros troncs artériels (index, Anatomie du système circulatoire).
La pression artérielle moyenne est le produit du débit cardiaque par les résistances périphériques des artérioles. Dans l'hypertension, il y a augmentation de la pression artérielle moyenne par élévation des résistances périphériques, avec diminution globale du calibre des artérioles, alors que le débit cardiaque reste normal. À l'inverse, une vasodilatation des artères (provoquée par les médicaments, ou simplement par la chaleur) entraîne une diminution des résistances périphériques et donc une diminution de la pression artérielle moyenne (par exemple, l'on a toujours une tension moins élevée en été, lorsqu'il fait chaud, ou après un effort physique).
LE RÔLE DES GROS TRONCS ARTÉRIELS
C'est surtout dans les gros troncs artériels que l'on constate l'élévation de la pression. À cette augmentation, les artères réagissent en développant des lésions responsables du taux de morbidité (nombre de malades) et de mortalité cardio-vasculaires.
Les grosses artères amortissent la fonction pulsatile de la pression et du débit cardiaque : lors de la systole, la distension des parois élastiques de l'aorte et des artères périphériques permet de stocker une fraction du débit et de le restituer lors de la diastole, par contraction de la paroi.
LA COMPLIANCE
On peut mesurer la capacité de dilatation des grosses artères lors de l'augmentation de pression par la compliance : c'est le rapport entre l'augmentation de volume artériel et l'augmentation de pression. On mesure cette compliance lors d'un examen, que l'on appelle le Doppler pulsé (index, Examens complémentaires). La compliance est plus basse chez les sujets hypertendus que chez les individus du même âge présentant une tension normale. Cette réduction est le signe de la rigidité des grosses artères, par diminution de leur capacité de distension. La compliance apparaît comme un marqueur précoce de la maladie hypertensive, à tous ses stades.
Lorsque les gros troncs artériels hypertendus ne peuvent plus jouer leur rôle d'amortisseurs face à la pompe cardiaque, il se produit une augmentation de la pression systolique et une baisse relative de la pression diastolique. Conséquences sur le cœur : il s'adapte au surcroît de travail par une hypertrophie ventriculaire gauche (le cœur se « muscle » davantage afin de vaincre l'obstacle de la pression artérielle élevée). Mais au bout de quelques années, surtout si la tension continue à augmenter, cette hypertrophie devient pathologique et évolue vers une insuffisance cardiaque.
LES CAUSES DE L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE
Certains médicaments sont à l'origine d'une hypertension artérielle - on parle alors de « causes iatrogènes » - il s'agit de : - contraceptifs oraux ; - réglisse (pastis sans alcool, Zan, Antésite) ; - médicaments anti-inflammatoires ; - médicaments vasoconstricteurs nasaux, utilisés pour soigner le rhume (index, Médicaments). - Certaines maladies sont indissociables d'une hypertension artérielle - on parle alors d'« hypertension secondaire ». - L'hypertension artérielle essentielle est de loin la plus fréquente. Il n'y a pas de cause précise à cette hypertension, mais l'on sait qu'elle est favorisée par l'obésité, l'excès de sel, l'abus d'alcool, le stress et l'hérédité.
RECONNAÎTRE
Pour formuler un diagnostic d'hypertension, il ne suffit pas de prendre la tension et de constater qu'elle est trop élevée. Au cours de la journée, nous avons des quantités de raisons d'avoir une tension trop élevée : fatigue, stress, émotion, effort, etc., et ce n'est pas une raison suffisante pour se déclarer hypertendu. Pour diagnostiquer véritablement une hypertension, le médecin obéit à une méthodologie rigoureuse.
LA MESURE DE LA TENSION ARTÉRIELLE
Le patient est en « décubitus dorsal » (allongé sur le dos), au repos depuis dix minutes, dévêtu pour que les vêtements ne fassent pas garrot. Le brassard doit être adapté à la corpulence (la partie gonflable doit encercler plus des deux tiers du bras). Le bras est à la hauteur du thorax.
Lors d'une première consultation, la tension est prise aux deux bras, afin d'éliminer une asymétrie
tensorielle, définie par une différence d'au moins 20 millimètres Hg entre les deux bras.
Le brassard est gonflé rapidement jusqu'à 280 mm Hg, puis il est dégonflé lentement. La PAS (pression artérielle systolique), correspond à l'apparition des premiers bruits, la PAD (pression artérielle diastolique), à leur disparition complète.
Il est important de réaliser une nouvelle mesure trois minutes après la première. Si les mesures différent de plus de 5 mm Hg, on recommence jusqu'à l'obtention d'un chiffre permanent. En effet, la démarche consistant à consulter le médecin et à se faire prendre la tension suscite elle-même une nervosité qui fait monter la tension, un effet « blouse blanche » que les médecins connaissent bien.
LE HOLTER TENSIONNEL
Cet examen est pratiqué quand il est difficile de déterminer l'hypertension, par exemple dans les hypertensions instables (qui se manifestent sous la forme de crises aiguës, l'hypertension se déclarant brutalement).
L'examen consiste à enregistrer la tension artérielle pendant vingt-quatre heures, pour apprécier ses variations.
LA RECHERCHE D'UN RETENTISSEMENTCARDIAQUE
Une fois que le médecin a diagnostiqué une vraie hypertension artérielle, il recherche sa cause et ses conséquences, par exemple sur le cœur et le rein, à l'aide de nombreux examens : - électrocardiogramme ; - radiographie pulmonaire ; - échocardiographie.
LA RECHERCHE D'UN RETENTISSEMENT EXTRA-CARDIAQUE
- Sur le rein : il faut faire un bilan du fonctionnement du rein par le dosage de l'urée et de la créatinine dans le sang, un ionogramme, une numération sanguine, une protéinurie de vingt-quatre heures (index, Bilan biologique). Une échographie abdominale et une urographie intraveineuse permettront de diagnostiquer une sténose des artères rénales . S'il a le moindre doute, le médecin demandera une artériographie rénale ou une angiographie numérisée (index, Examens complémentaires) qui confirmera ou non le diagnostic. - Au niveau de l'œil : l'hypertension peut léser gravement l'œil. On effectuera donc un fond d'œil (index, Examen ophtalmologique), qui permettra d'évaluer la gravité de l'atteinte. - Au niveau des vaisseaux : on réalisera des échographies pour rechercher des sténoses artérielles au niveau du cerveau, de l'abdomen et des membres inférieurs.
TRAITER
Les soins exigent le respect de nombreuses règles d'hygiène de vie et de diététique, mais elles sont souvent insuffisantes, et, dans la plupart des cas, le traitement médicamenteux est indispensable.
LE TRAITEMENT NON MÉDICAL
Si vous souffrez d'une hypertension essentielle, il est indispensable que vous réduisiez le plus possible les facteurs de risque : il faut donc maigrir si vous êtes trop gros, faire baisser le taux de cholestérol dans le sang, arrêter de fumer, réduire la consommation d'alcool et, le cas échéant, corriger un diabète.
Au point de vue diététique, il faut réduire la consommation de sel. Ce n'est pas la peine de vous astreindre à supprimer complètement le sel dans la cuisine, ce qui est souvent compliqué (au moins pour les autres membres de la famille) et coupe l'appétit. Mais ne rajoutez pas de sel dans vos plats, comme le font trop de gens.
Pratiquez régulièrement un exercice physique (gymnastique, marche à pied, jogging), mais d'une façon adaptée à votre âge et à votre condition physique, ainsi que des exercices de relaxation (index, Forme), en individuel ou en groupe.
Ces précautions sont indispensables, mais n'auront pas toujours beaucoup d'effet sur la tension artérielle. En moyenne, la baisse de tension obtenue dépasse rarement 10 mm Hg, ce qui n'est suffisant que si vous avez une hypertension légère.
Dans tous les autres cas, il faudra recourir au traitement médical.
dans tous les cas contacter le centre de recherche sur les maladies incurables et le sida en
abrége ( CRAMI-SIDA) 237(99927743)