Son origine
 

Le sida, abréviation de "syndrome (ensemble de symptômes qui caractérisent une maladie) d'immunodéficience acquise", est un phénomène apparu au début des années quatre-vingts. Les Etats-Unis venaient d'avouer qu'ils avaient perdu la guerre contre le cancer.    Cela commence par l'hospitalisation à Los Angeles d'un jeune homme homosexuel. Il est fatigué, il dort mal. Il a des poussées de fièvre inexpliquées. Il maigrit.    A l'hôpital, on ne trouve rien. On le dirige vers un hôpital universitaire pour des examens plus poussés. Là, on annonce au malade complètement paniqué qu'il lui manque la quasi-totalité des lymphocytes T4, dont le rôle est de coordonner les combats contre les microbes.    Quelques semaines plus tard, il développe des difficultés respiratoires. On identifie une pneumonie grave. Le médecin de l'hôpital universitaire, le docteur Michael GOTTLIEB, intrigué par ce cas compliqué et obnubilé par ces symptômes, se met en chasse et découvre deux autres cas similaires. Deux autres homosexuels atteints au départ des mêmes symptômes. Son esprit logique l'amène à penser qu'il doit s'agir d'une maladie sexuellement transmissible non encore répertoriée. Si elle n'est pas répertoriée, il faut donc la découvrir.En 1981, le premier patient meurt des suites de sa pneumonie. Les autres ne tarderont pas à suivre. Le docteur GOTTLIEB prend alors la décision d'appeler le Centre Mondial de Surveillance Épidémiologique.

      Le docteur James W.CURRAN, directeur du programme, délègue le docteur SHANDERA afin qu'il vérifie les dires de GOTTLIEB. Les deux hommes se connaissent, ils ont fait leurs études ensemble. SHANDERA confirmera que l'affaire est grave.    Rapidement, telle une traînée de poudre, la mobilisation se généralise. Partout, les médecins du monde entier reçoivent l'ordre de chercher des patients dont les symptômes correspondent à ce qui a été découvert, c'est à dire pneumocystis carinii, sarcome de Kaposi et lymphadénopathie (affection ganglionnaire) : des affections rares qui n'avaient jusqu'ici jamais attiré l'attention des chercheurs car elles touchaient les milieux minoritaires.     L'Epidemic Intelligence Service lâche ses médecins détectives. Ils ne trouvent malheureusement pas grand chose. Les malades qu'ils découvrent n'ont qu'un seul point commun : ils sont homosexuels.    Mais cette seule découverte va déjà bouleverser le monde entier. Partout on parle d'un milieu qui jusqu'ici était tabou, où les pratiques sexuelles étaient généralement cachées. Le monde veut en savoir plus. Le public commence à parler du cancer "gay" (terme anglais signifiant homosexuel).    En cherchant mieux, les détectives de la santé trouvent un cas qui n'est pas homosexuel, mais toxicomane. Les nouvelles circulent vite, les médias en profitent pour grossir l'information. Les chercheurs sont maintenant de plus en plus convaincus qu'il s'agit d'une nouvelle maladie transmissible par les rapports sexuels et le sang. Sans doute un virus qui inhibe le système immunitaire. En 1983, à Paris, l'Institut Pasteur va, le premier, identifier un virus. Il sera suivi en 1984 par les Américains.  Des anticorps sont ensuite découverts dans le sang d'un Zaïrois, échantillon qui remonte à 1959. Puis on découvre le "virus" lui-même dans le sang d'une Africaine prélevé en 1976.