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Nous allons néanmoins récapituler
brièvement les causes de la stérilité, surtout pour expliquer
la démarche du médecin lorsqu'il cherche à comprendre pourquoi
un couple n'arrive pas à avoir un enfant.
LA SEXUALITÉ
Il faut savoir tout d'abord que la reproduction de l'homme
n'est pas un événement aussi facile et aussi automatique que
chez l'animal. L'homme se reproduit plus difficilement, car,
en dehors de toute cause d'infécondité, les rapports sexuels
sont loin d'être toujours fécondants.
C'est d'ailleurs la qualité des rapports sexuels que le
médecin étudiera en premier lieu, avant toute exploration
complémentaire. Des rapports peu fréquents, trop espacés,
diminuent fortement les chances d'être enceinte (index,
Sexologie). De même, des rapports trop fréquents diminuent le
pouvoir fécondant des spermatozoïdes.
LA FERTILITÉ
La fertilité varie avec l'âge. Ainsi estime-t-on qu'une femme
voit sa fécondité croître entre le moment de ses premières
règles et l'âge de vingt-cinq ans environ, puis se stabiliser
pendant une dizaine d'années à ce niveau maximum, avant de
décroître, d'abord de façon peu importante, puis bien plus
nettement à partir de la quarantaine.
Par ailleurs, la fertilité varie d'un couple à l'autre de
façon assez sensible. Ainsi certaines études ont-elles montré
que sur cent couples ayant régulièrement des rapports sexuels
(deux à trois par semaine, en moyenne), en l'absence de toute
méthode contraceptive : - un quart verra se développer une
grossesse presque immédiatement, c'est-à-dire le premier mois
; - un autre quart attendra six mois environ ; - plus d'un
tiers devra patienter un an ; - mais pour un peu plus de 10%,
aucune grossesse ne sera apparue durant deux ans. Ce sont
ceux-là que l'on qualifie d'hypofertiles, et qui doivent
consulter un médecin.
LES CAUSES DE STÉRILITÉ
MASCULINE
On considère que dans un tiers des cas l'origine de la
stérilité se trouve chez l'homme. Voici les causes masculines
principales de la stérilité. - Les troubles de la
spermatogenèse : il s'agit d'un problème de qualité du sperme.
Détectées par le spermogramme, qui est un examen des cellules
du sperme, ce sont : - les azoospermies : aucun spermatozoïdes
n'apparaît dans le sperme émis par l'éjaculation ; il peut y
avoir deux raisons à ce phénomène : les testicules (index,
Appareil génital masculin) ne produisent pas de spermatozoïdes
(c'est une « stérilité sécrétoire »), ou bien, ceux-ci ne sont
pas excrétés (c'est une « stérilité excrétoire ») ; - les
oligospermies : les spermatozoïdes sont trop peu nombreux ; -
les asthénospermies : les spermatozoïdes ne sont pas assez
mobiles et vigoureux ; - les oligo-asthénospermies cumulent
les deux anomalies précédentes. - La soumission des
spermatozoïdes à des agents agressifs physico-chimiques
(rayons X, sources de chaleur élevées, plomb, certains
médicaments, certains insecticides...) ou infectieux (maladies
sexuellement transmissibles, oreillons...) peut être à
l'origine d'une stérilité. - La présence d'un obstacle : dans
certains cas, les spermatozoïdes sont de bonne qualité et en
nombre suffisant, mais ils rencontrent sur leur chemin un ou
plusieurs obstacles. Il s'agit d'une anomalie congénitale,
d'un traumatisme lié à un accident ou à une tumeur, mais le
plus souvent la cause est une infection (index, MST) ou une
tuberculose génitale (index, Tuberculose). - Les causes plus
rares de stérilité sont l'éjaculation rétrograde (le sperme
est émis en direction de la vessie), parfois l'impuissance ou
une éjaculation précoce.
LES CAUSES DE STÉRILITÉ
FÉMININE
Les causes féminines de la stérilité sont très variées. - Les
anomalies congénitales de l'utérus ou au niveau du col de
l'utérus (il s'agit essentiellement de la rétroversion de
l'utérus) ; - Les anomalies de la glaire cervicale : la
quantité et la qualité de la glaire cervicale (index, Appareil
génital féminin) sont des critères très importants de la bonne
pénétration des spermatozoïdes. Quand elle est altérée,
ceux-ci ont du mal à passer du vagin à l'utérus. Elle peut ne
pas être assez abondante, trop épaisse. L'origine en est alors
très probablement une insuffisance hormonale (index,
Endocrinologie), susceptible d'être traitée en administrant
des œstrogènes, avec des chances sérieuses de succès. - Les
maladies des trompes constituent une cause de plus en plus
fréquente de stérilité, à cause de l'augmentation des cas
d'infection à chlamydiae chez les jeunes femmes. Ce sont
elles, les grandes coupables de la stérilité. Il s'agit soit
de maladies sexuellement transmissibles (index, MST),
notamment les infections à chlamydiae, soit de tuberculoses
génitales, soit de conséquences d'avortements (index, IVG)
réalisés dans des conditions d'hygiène défectueuses (index,
Asepsie), soit d'infections liées à la présence d'un stérilet.
- Les adhérences, qui peuvent être le résultat d'interventions
chirurgicales précédentes sur l'abdomen et le petit bassin
(des plus complexes aux plus simples, comme l'appendicectomie)
: ces brides créent un véritable réseau de mailles serrées qui
vont en quelque sorte enserrer les trompes. Une simple
intervention chirurgicale, visant à libérer les trompes de ces
adhérences en les rompant, permet le plus souvent de résoudre
le problème. - Si c'est l'ovaire qui est en cause, cela peut
être le fait d'anomalies anatomiques (malformation,
tumeurs...), mais le plus fréquemment, il s'agit de
difficultés de fonctionnement. - En amont de l'ovaire, il peut
s'agir de troubles de sécrétion des hormones hypophysaires,
notamment de la prolactine (index, Hypophyse), ou bien encore
d'une origine cérébrale, (index, Hypothalamus). Il n'est pas
rare, en effet, que l'on ne retrouve aucune origine apparente
à une stérilité ou une hypofertilité. Dans ce cas, la cause
est le plus souvent d'ordre psychologique (choc émotionnel,
retentissement psychologique d'un avortement, relations
difficiles au sein du couple, etc.).
RECONNAÎTRE
Le diagnostic de stérilité ne pose pas de problème, puisque
c'est précisément pour cette raison que le couple consulte.
En revanche, la détermination de sa cause fait l'objet d'une
longue exploration.
LES SIGNES
Le médecin commence par un long interrogatoire pour comprendre
votre mode de vie. Il fait apparaître parfois des causes
évidentes. Le médecin vous interroge sur vos antécédents
médicaux et chirurgicaux, en général, et principalement sur
ceux qui pourraient avoir eu une influence sur votre fécondité
: maladies hormonales, infectieuses, interventions
chirurgicales, notamment abdominales et pelviennes. Il faut
lui donner toutes les indications sur vos traitements
médicamenteux (index, Effets secondaires) anciens et actuels,
qui peuvent eux aussi avoir éventuellement une action sur le
bon fonctionnement de votre appareil de reproduction.
La date d'apparition de vos premières règles, le déroulement
de vos cycles menstruels, l'emploi éventuel de méthodes
contraceptives (index, Contraception), l'existence de
grossesses antérieures, de maladies gynécologiques,
infectieuses ou autres, les caractéristiques générales de
votre vie sexuelle (fréquence des rapports, principalement)
sont également des sources précieuses de renseignements, ainsi
que votre mode de vie (index, Stress) et vos antécédents
familiaux en matière de fécondation.
LES EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
Les premiers examens demandés seront la courbe de température
pour la femme, pendant au moins trois mois, afin de détecter
un éventuel trouble de l'ovulation (index, Physiologie des
glandes endocrines), et le spermogramme pour l'homme : cet
examen consiste à rechercher principalement la quantité de
spermatozoïdes émis à chaque éjaculation et leur mobilité.
Si la situation n'a pas évolué au bout de quelques mois, on
réalise d'autres examens afin d'étudier le bon fonctionnement
des organes génitaux. On effectue, en particulier, des bilans
hormonaux (index, Endocrinologie) et un examen chromosomique
(index, Caryotype) chez les deux partenaires, une biopsie de
l'utérus, des échographies et des radiographies, une
cœlioscopie chez la femme, des dosages dans le liquide
séminal, des études des spermatozoïdes en microscopie
électronique, et plus rarement une biopsie du testicule chez
l'homme.
À l'issue de cette période d'investigation, qui dure souvent
plusieurs mois, il est habituellement possible de définir
l'origine des difficultés de procréation. On estime que le
problème réside une fois sur deux chez la femme, une fois sur
trois chez l'homme, et dans les autres cas, chez les deux
partenaires. Parfois, enfin, aucune cause n'est trouvée.
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Dr. T.H.
KAMGAING |
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